Je ne sais pas trop si je suis en poussée ces jours-ci. Mon corps est en alerte en tout cas. Il est bien difficile de faire le partage entre la détestation
de mon boulot et les manifestations bien réelles de cette maladie qui me ronge les neurones. Des fourmis dans les pieds et les mains. La difficulté à savoir où j'en suis lorsque je vais à la
selle, eh oui ça n'a rien de ragoûtant hein ? à lire, mais à vivre non plus vous savez ! La fatigue est bien là .
Ma collègue la plus proche, Catherine Gabana, elle, souffre d'une rechute de cancer, qui cette fois touche son cerveau. Elle est la seule à manifester une inquiétude pour moi. Certaines choses ne
se comprennent bien qu'en les vivant dans sa chair il faut croire.
Demain lundi. Joie. J'en ai la chiasse par avance. Je vais me lever à 6 h 50 et je rogne déjà sur mon temps de travail. A l'arrivée ma chef fera comme d'habitude la gueule "Bonjour". Bonjour.
Bureau. Café. Ouvrir la boîte mail. Douze rappels de dossiers. Envie de partir de suite et rentrer chez moi me lover sous la couette. "Anne, tu en es où sur le dossier du gaz ?" "J"ai bouclé, tu
n'as pas relu ?" "ah non mais j'y vais".
Germaine ne sera pas là demain. La meilleure copine de Catherine. La grande gueule du service. Ah que serais-je sans elle... Je vais encore déjeuner seule. Pas grave. J'appellerai Catherine et on
rigolera comme des ados, au moins on se comprend.
Par Et moi et moi et moi !
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Publié dans : Comment j'y survis, lÃ
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